Eloges de la vanité
6 Mars 2018
La nuit tombe presque, le vent du nord, glacial, s'engouffre dans les rues de Paris
Les bouches de métro affamées, absorbent des milliers de gens qui se jettent dans la chaleur underground
Les passants le croise sans le voir, évitant de le frôler, lui et sa paillasse de cartons
Il est là, à même le sol, cherchant un abri illusoire, sdf de nos yeux qui se tournent
Lui, le sdf, l'homme qui mendie, boit parfois, souvent pour oublier, solitude crasse
Epave d'une société qui ne connaît plus trop la pitié, il survit pour qui, pour quoi...????
Quelques pièces jetées çà et là, comme une aumône aux bons sentiments
Un bout de pain rassis et la soupe populaire sont le festin de ses nuits
Immobile dans le froid qui l'entoure, au sens propre comme au sens figuré
La crise nous renvoie son image la plus crue, pornographie sociale sans censure, ni morale
Pas d'interdiction aux moins de 18 ans, pour se repaitre de la misère et l'ignorer devant sa porte
Laissé pour compte de la vie, la cour des miracles n'a plus Esméralda et encore moins d'Angélique
Parfois il rêve que la neige, tueur silencieux, va l'ensevelir sous son manteau cotonneux
S'endormir, ne plus se réveiller, oublier l'humiliation, les coups à l'âme et au corps
Sdf, clochard d'autrefois, Boudu n'est plus sauvé des eaux, musicien de la misère
Il fait froid dans Paris, ville sans lumières pour ces hommes et ces femmes dans la rue
Il fait froid partout ce soir, "Dormez bonnes gens", EDF veille à votre bien-être contre quelques Euros
Sous sa couverture rapiécée, le journal comme couverture de survie, il rêve...peut-être